Si le Passeport avait existé en 2001, sûr que Yannick Mazette aurait sauté sur l’occasion. À l’époque, cet ancien responsable du service informatique chez un fabricant de pneumatique a repris une boulangerie au pied du Mont Ventoux depuis presque 10 ans.
Il souhaite alors mettre en place une démarche qualité dans son établissement et faire de son commerce une véritable entreprise innovante. “ Ma formation initiale m’a permis d’être sensible à la gestion préventive d’un parc machines ”, souligne M. Mazette. J’ai voulu créer une norme interne pour gérer le matériel et les procédés de fabrication.
Mais je n’avais pas le temps de le faire seul. » Quand, en 2001, il installe son commerce dans les locaux de l’ancienne caserne des pompiers du village, il commence un travail de mise en place, développement et application d’une cartographie basée sur la certification ISO. La démarche Qualité, Sécurité, Environnement (QSE) a commencé par un questionnaire de satisfaction clientèle.
Viendront ensuite la rationalisation et la gestion des stocks grâce à la réalisation de documents informatiques (bons de commande avec code-barres, plannings de fabrication, fiches de fabrication), la création de fiches de commercialisation des entremets vedettes de la boutique, renouvelés tous les mois. De même, un tableau de tarification des fournisseurs actualisé donne au boulanger des indications pour trouver les meilleurs produits au meilleur prix.
Enfin, le chef d’entreprise installe une borne interactive en libre service pour les clients du magasin et instaure un diagnostic environnemental. “ Pâtissiers, boulangers, vendeuses : chaque corps de métier est intéressé et sensibilisé à la démarche, avec un système de primes à la clé ”, ajoute Yannick Mazette. “ La gestion des ressources humaines est un combat quotidien, je veux que le savoir-faire reste dans l’entreprise.
D’où l’établissement de fiches de recettes, du suivi des stocks et des actions préventives, et bientôt la mise en place d’une démarche HACCP ”. À l’ouverture de son établissement, Yannick Mazette réalisait un chiffre d’affaires d’environ 100.000 euros.
En 2003, il dépasse les 700.000 euros. Aujourd’hui, le bâtiment principal s’étend sur 300 m2, l’effectif est passé de 3 à 18 personnes.